Revue de Presse

Article du Républicain Lorrain du 04/05/2011


Kévin Diaz est sur la voie du renouveau : décisif face à Boulogne, le milieu de terrain apporte de la fraîcheur à la fin de saison messine. Photo Pascal BROCARD

Kévin Diaz est sur la voie du renouveau : décisif face à Boulogne, le milieu de terrain apporte de la fraîcheur à la fin de saison messine. Photo Pascal BROCARD

Diaz, l’homme pressé

Passeur décisif précoce, vendredi, sur l’ouverture du score messine contre Boulogne, Kévin Diaz n’a « plus de temps à perdre ». Déjà absent six mois cette saison (genou), le milieu offensif a du punch à revendre.

Lundi, séance d’entraînement joyeuse. Le rendez-vous du week-end, face à Boulogne, a été rondement mené (victoire 3-1). Sourires et bonne humeur se dégagent du stade du bord de l’autoroute. Mais une patte gauche, qui a illuminé Saint-Symphorien vendredi, manque à l’appel : « Il a ressenti une gêne au genou », grimace Dominique Bijotat. Kévin Diaz débarque à vive allure au volant de sa berline. S’entretient avec le staff médical avant de quitter les lieux.

Hier, 10h. Le joueur prêté par Monaco sue à grosses gouttes avec ses coéquipiers : « J’ai un peu d’eau dans le genou. Rien de grave, cela peut arriver après une rupture des ligaments croisés. On va drainer tout ça… » Soulagement.

C’est ainsi : le milieu de terrain va devoir s’habituer à cohabiter avec son genou. Il va devoir apprendre à se familiariser avec cette longue cicatrice, stigmate d’une expérience douloureuse : « Une rupture des ligaments croisés, ça forge le caractère. Tu travailles tout seul pendant des mois, tu dois refaire une préparation physique lourde, dans ton coin. On en sort grandi », confie le Sudiste.

Vendredi, Kévin Diaz a fait taire les plus sceptiques sur sa capacité à revenir au plus haut niveau. Un centre millimétré, déposé sur le crâne de Mahamane Traoré après seulement vingt secondes de jeu, a mis son équipe sur orbite. Preuve que le coup d’œil et la vista technique ne se perdent pas sur une table d’opération : « Certains disent qu’après six mois d’arrêt, il faut encore six mois pour retrouver ses sensations. Moi, je n’ai jamais douté de ma capacité de récupération. Je savais jouer au football avant cette blessure, pourquoi n’aurais-je pas réussi après ? »

Dans le ton de la voix se devine une grande détermination. Dans son attitude sur le terrain une attitude volontariste. Face à Boulogne, Diaz n’a pas refusé le combat ni géré sa prestation. Au contraire, c’est d’une manière frontale qu’il a abordé ses adversaires : « J’aime le jeu vers l’avant, la percussion, donner de la vitesse au ballon. C’est dans ce registre que je m’épanouis ». C’est dans ce registre que Metz a longtemps péché cette saison…

 

« J’ai faim de tout »

 

Accélérateur du jeu messin, Diaz apportera peut-être un enthousiasme salvateur à son équipe. Oui, « son » équipe, celle qu’il a suivie avec attention depuis le rocher monégasque durant sa convalescence : « Si j’ai signé ici, c’est que j’avais vraiment envie de faire quelque chose pour ce club. Je vis une belle aventure humaine à Metz. Après une si longue absence, j’ai faim de tout : de buts, de passes, de courses et surtout de victoires. »

Il lui reste cinq matches pour assouvir cet appétit gargantuesque. Cinq matches, aussi, pour alimenter une frustration naissante sur les bords de la Moselle : celle de ne pas l’avoir vu, plus souvent, au cœur d’un triumvirat comprenant Mathieu Duhamel et Mahamane Traoré : « Mathieu, c’est un très bon joueur. Il va encore marquer des buts en cette fin de saison. C’est vrai qu’en raison de nos longues blessures, avec Mahamane, on reste un peu sur notre faim. Mais c’est maintenant que tout se joue. Il faut sauver le club ».

La saison terminée, Kévin Diaz retrouvera l’ambiance feutrée de l’AS Monaco. Là où il lui reste deux années de contrat. Là où germe son unique ambition : « Je l’ai déjà dit, mon souhait est de m’imposer en Ligue 1. Cet été, je retournerai en Principauté. Marc Keller, le directeur sportif, est très content que je rejoue. Les dirigeants suivent les joueurs prêtés, il n’y a aucun doute là-dessus ». Une motivation supplémentaire pour faire briller ce pied gauche si précis…

 

Jean-Michel CAVALLI.


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